Taille du marché obligataire mondial : les chiffres
La taille du marché obligataire mondial avoisine 140 000 milliards de dollars d'encours mi-2026, soit davantage que la capitalisation de toutes les bourses d'actions de la planète réunies. Deux tiers de ce total sont de la dette publique, et trois zones — États-Unis, Chine, zone euro — en concentrent l'essentiel.
La répartition par segment
| Segment | Encours estimé | Part |
|---|---|---|
| Dettes souveraines et agences publiques | ~ 90 000 Md$ | ~ 65 % |
| Dette financière (banques, assureurs) | ~ 20 000 Md$ | ~ 14 % |
| Dette d'entreprises non financières | ~ 18 000 Md$ | ~ 13 % |
| Créances titrisées et obligations sécurisées | ~ 12 000 Md$ | ~ 8 % |
Ces bornes sont des estimations agrégées à partir de sources publiques : les périmètres diffèrent selon que l'on inclut ou non les titres courts, la dette intra-publique et la titrisation. Retenez la structure plutôt que la décimale : le marché obligataire est d'abord un marché de dette d'État.
Le classement par pays
Les États-Unis pèsent à eux seuls environ 40 % de l'encours mondial, dont près de 30 000 milliards de dollars de Treasuries détenus par le marché. La Chine est passée du sixième rang au deuxième en vingt ans, avec un encours de l'ordre de 20 000 à 25 000 milliards de dollars largement domestique. Le Japon suit, avec une dette publique supérieure à 200 % de son PIB. La zone euro forme le quatrième bloc : la dette négociable de l'État français représente à elle seule autour de 2 600 milliards d'euros, essentiellement en OAT. Les marchés émergents hors Chine restent marginaux en encours mais très visibles en volatilité.
Vingt ans de croissance, deux accélérations
L'encours mondial a été multiplié par trois environ depuis le milieu des années 2000. Deux ruptures expliquent l'essentiel de cette progression : la crise financière de 2008-2012, qui a transféré de la dette privée vers les bilans publics, puis la pandémie de 2020, qui a fait exploser les programmes d'émission souverains en dix-huit mois. La dette d'entreprise a suivi une autre logique : la décennie de taux très bas a poussé les trésoriers à substituer massivement l'obligation au crédit bancaire, un arbitrage détaillé dans obligation d'entreprise.
Ce que les indices en retiennent
Un indice obligataire global pondère ses composantes par capitalisation de dette : mécaniquement, plus un émetteur emprunte, plus il pèse dans l'indice. Un fonds indiciel mondial se retrouve donc chargé en dette américaine et japonaise, et modestement exposé aux entreprises. C'est le principal biais à connaître avant de choisir un support : les critères de sélection sont passés en revue dans marché obligataire.
Questions fréquentes
Le marché obligataire est-il vraiment plus grand que celui des actions ?
Oui en encours : environ 140 000 milliards de dollars contre une capitalisation boursière mondiale de l'ordre de 120 000 milliards mi-2026. En volume échangé quotidiennement, l'écart est encore plus net, la seule dette d'État américaine se traitant par centaines de milliards de dollars par jour.
Pourquoi les chiffres varient-ils autant d'une source à l'autre ?
Parce que les périmètres diffèrent : certaines statistiques incluent les titres à moins d'un an, la dette détenue par les administrations elles-mêmes ou les prêts titrisés, d'autres non. L'écart entre deux estimations sérieuses peut atteindre 20 %.
Un encours qui grossit est-il un signal de risque ?
Pas en soi : l'encours croît avec l'économie. Ce qui compte est le rapport de la dette aux revenus de l'emprunteur et la capacité du marché à absorber les nouvelles émissions. Quand cette absorption devient difficile, cela se voit d'abord dans les taux exigés à l'adjudication.