OATi et OAT€i : les OAT indexées sur l'inflation

Mis à jour en août 2026

Une OAT indexée protège votre capital contre l'inflation : son nominal est revalorisé chaque jour par un coefficient d'indexation, et le coupon s'applique à ce nominal revalorisé. L'OATi suit l'indice des prix à la consommation français hors tabac, l'OAT€i suit l'indice harmonisé de la zone euro hors tabac.

Le mécanisme d'indexation, pas à pas

Contrairement à une obligation à taux variable ordinaire, dont le principe reste celui d'une obligation classique, dont seul le coupon bouge, l'OAT indexée revalorise le capital lui-même. L'Agence France Trésor publie chaque jour un coefficient d'indexation, calculé à partir de l'indice des prix constaté avec un décalage de trois mois environ. Ce coefficient s'applique à la valeur nominale pour trois usages : le calcul du coupon, celui du montant remboursé à l'échéance, et le prix payé sur le marché secondaire.

Une garantie plancher existe : en cas de déflation cumulée sur la durée de vie du titre, le remboursement ne descend pas sous 100 % du nominal d'origine. Les coupons versés entre-temps, eux, peuvent baisser.

Exemple chiffré sur cinq ans

Soit une OAT€i de nominal 1 000 € et de coupon réel 0,80 %, détenue cinq ans avec une inflation moyenne de 2,2 % par an.

Évolution du nominal indexé et du coupon, inflation de 2,2 % par an
AnnéeNominal indexéCoupon versé
11 022 €8,18 €
31 067 €8,54 €
51 115 €8,92 €
Remboursement final1 115 €

Le rendement nominal atteint donc environ 3 % par an, mais le rendement réel reste de 0,80 % : c'est exactement ce que promet le titre. Une OAT à taux fixe de coupon 3 % aurait rapporté la même chose dans ce scénario — et beaucoup moins si l'inflation avait dépassé 2,2 %.

Point mort d'inflation : le seul arbitrage qui compte

Comparer une OAT indexée et une OAT nominale de même maturité revient à comparer un taux réel et un taux nominal. L'écart entre les deux est le point mort d'inflation, ou breakeven. Si l'OAT 10 ans rend 3 % et l'OAT€i 10 ans 0,8 % de taux réel, le point mort ressort à 2,2 %. La règle de décision est mécanique : l'indexée l'emporte si l'inflation moyenne réalisée dépasse ce seuil, la nominale l'emporte sinon. Vous n'achetez donc pas « de la protection » gratuitement, mais un pari sur un écart déjà coté par le marché. Le contexte complet : influence de l'inflation sur les obligations.

Attention à une confusion fréquente : une OAT indexée conserve un risque de taux entier. Si les taux réels montent, son prix baisse comme celui de n'importe quelle obligation indexée, en proportion de sa duration. En 2022, les titres indexés longs ont perdu deux chiffres malgré une inflation record.

Accès et fiscalité pour un particulier

L'achat en direct passe par un compte-titres donnant accès au marché secondaire : les souches OATi et OAT€i sont cotées, mais leur encours reste inférieur à celui des OAT nominales, donc l'écart acheteur-vendeur est plus large. La voie diversifiée est l'ETF obligataire indexé inflation, qui mêle titres français, allemands, italiens et parfois américains.

Côté impôt, l'indexation du capital n'est pas exonérée : la revalorisation encaissée au remboursement est imposée comme un revenu de créance, au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), ou au barème sur option. Détails : imposition des coupons et fiscalité des obligations.

Questions fréquentes

Quelle différence entre OATi et OAT€i ?

L'indice de référence. L'OATi suit l'inflation française hors tabac, l'OAT€i l'inflation de la zone euro hors tabac. L'OAT€i domine les encours et sert de référence européenne ; l'OATi colle mieux aux dépenses d'un résident français.

Peut-on perdre de l'argent avec une OAT indexée ?

Oui, en la revendant avant l'échéance après une hausse des taux réels, ou en la conservant si l'inflation réalisée reste sous le point mort payé à l'achat. Le capital d'origine est en revanche garanti à l'échéance grâce au plancher anti-déflation.

Faut-il préférer une OAT indexée ou un ETF indexé inflation ?

Le titre en direct donne une échéance ferme et un taux réel connu ; l'ETF n'a pas d'échéance mais diversifie les émetteurs et s'achète pour quelques dizaines d'euros. Le choix dépend d'abord de votre horizon.