Marché secondaire obligataire : où s'échangent les titres

Mis à jour en août 2026

Le marché secondaire obligataire est celui des titres d'occasion : l'argent circule entre investisseurs, l'émetteur n'y touche rien. C'est là que se forme le prix quotidien d'une obligation, presque toujours de gré à gré entre banques plutôt que sur un carnet d'ordres centralisé — une différence de structure qui change tout pour un acheteur particulier.

Un marché de gré à gré, pas une bourse

Contrairement aux actions, l'immense majorité des obligations ne se traite pas sur un carnet d'ordres public. Un investisseur institutionnel interroge plusieurs banques teneurs de marché, qui répondent chacune un prix acheteur et un prix vendeur, puis exécute au meilleur. Ces demandes de prix passent aujourd'hui par des plateformes électroniques, mais la logique reste bilatérale. Quelques milliers de lignes sont par ailleurs cotées en continu sur des segments réglementés accessibles aux particuliers : c'est là que passent les ordres transmis par un courtier depuis un compte-titres.

Lire une cotation : prix pied de coupon et coupon couru

Une obligation se cote en pourcentage de sa valeur nominale, et ce pourcentage est un prix pied de coupon : il exclut les intérêts déjà accumulés depuis le dernier détachement. L'acheteur les règle en supplément, sous forme de coupon couru.

Achat de 10 OAT de 1 000 € de nominal, coupon 3 %, cotée 97,20 % le 21 août
ComposanteCalculMontant
Prix pied de coupon10 × 1 000 € × 97,20 %9 720,00 €
Coupon couru (164 jours depuis le détachement)3 % × 164/365 = 1,348 %134,80 €
Total débitéprix « pied sale »9 854,80 €

Le coupon couru n'est pas une perte : l'acheteur le récupère intégralement au prochain détachement. Il faut simplement l'intégrer au calcul de rendement, sous peine de surestimer la performance du premier coupon encaissé.

Ce qui fait bouger le prix au jour le jour

Deux forces, et deux seulement, expliquent l'essentiel des variations : le niveau des taux sans risque, qui déplace toute la courbe, et le spread de crédit exigé sur l'émetteur. Une obligation de duration 7 perd environ 0,7 % de sa valeur pour 10 points de base de hausse des taux ; elle en perd autant si son spread s'écarte de 10 points de base à taux inchangé. Le prix affiché ne dit donc rien du rendement futur tant qu'on ne l'a pas converti en rendement à l'échéance.

Pourquoi le secondaire compte même si vous gardez jusqu'à l'échéance

Un porteur qui conserve son titre jusqu'au remboursement encaisse le nominal quoi qu'il arrive, sauf défaut : les fluctuations lui sont indifférentes. Mais le secondaire reste utile sur trois points — il permet d'entrer à un rendement supérieur au coupon quand le titre cote sous le pair, il donne une valorisation quotidienne à votre portefeuille, et il détermine le prix de sortie si un imprévu vous oblige à vendre avant terme. Les modalités pratiques sont détaillées dans acheter des obligations en direct, et le fonctionnement d'ensemble dans marché obligataire ; le pendant amont est le marché primaire.

Questions fréquentes

Où voir le cours d'une obligation ?

Chez votre courtier, à condition que la ligne soit cotée sur un segment accessible au détail. Pour les titres traités uniquement de gré à gré, aucun cours public n'existe : seul un prix indicatif demandé à un intermédiaire fait foi, et il n'engage que quelques minutes.

Pourquoi mon ordre obligataire n'est-il pas exécuté ?

Le plus souvent parce qu'aucune contrepartie n'affiche de prix sur cette ligne à ce moment-là, ou parce que votre limite est en dehors de la fourchette du teneur de marché. Les ordres obligataires exigent aussi souvent une quantité minimale, calée sur la coupure du titre.

Le marché secondaire est-il ouvert en continu ?

Les banques cotent pendant les heures de bureau européennes, avec un relais partiel entre l'Asie, l'Europe et les États-Unis. La liquidité se concentre en réalité sur quelques heures de la journée et s'effondre en août et fin décembre.