Risque de liquidité obligataire : définition

Mis à jour en août 2026

Le risque de liquidité est le risque de ne pas pouvoir revendre un titre au prix affiché, voire de ne pas trouver d'acheteur du tout. Il ne se traduit pas par un défaut de l'émetteur, mais par un coût de sortie : l'écart entre ce que vaut l'obligation et ce qu'on vous en propose réellement.

Le mécanisme : un marché de gré à gré, pas un carnet d'ordres

Contrairement aux actions, la majorité des obligations ne s'échangent pas sur un carnet d'ordres central mais par téléphone ou plateforme, entre un client et un teneur de marché qui engage son propre bilan. Une souche donnée peut ne pas traiter pendant plusieurs jours. Depuis les réformes prudentielles de l'après-2008, les banques immobilisent moins de capital en stock obligataire : la profondeur du marché secondaire s'est réduite, particulièrement en période de stress, au moment précis où l'on souhaite vendre.

La mesure : la fourchette achat-vente, en euros

La liquidité se lit dans la fourchette de cotation. Sur une obligation d'entreprise de taille moyenne, un teneur affiche 97,20 / 98,40 : 1,20 point d'écart, soit 1,2 % du nominal. Sur une position de 25 000 €, vendre coûte donc environ 150 € par rapport au prix milieu, et un aller-retour complet 300 € — l'équivalent de plusieurs mois de coupon. Sur une souche d'OAT de référence, la même fourchette se compte en centimes.

Fourchette indicative selon le type de titre, en conditions normales
TitreFourchetteAller-retour sur 25 000 €
OAT de référence0,02 à 0,05 pt≈ 10 €
Grande entreprise notée A0,15 à 0,40 pt≈ 70 €
Émission < 300 M€, haut rendement1,0 à 2,5 pt250 à 600 €

Trois indicateurs à contrôler avant d'acheter en direct : la taille de la souche (en dessous de 300 M€, la revente devient incertaine), la coupure minimale (100 000 € signale un titre réservé aux institutionnels) et l'ancienneté de la ligne, les souches récentes traitant davantage.

Comment le limiter

Un porteur qui conserve son titre jusqu'à l'échéance ne subit pas ce risque : l'horizon de détention est donc le premier facteur. Les grandes souches souveraines et les ETF obligataires de taille importante y sont structurellement moins exposés, leurs parts se négociant en Bourse même quand les titres sous-jacents sont figés. À l'inverse, les placements privés type Euro PP et les fonds assortis de fenêtres de sortie limitées concentrent ce risque par construction. Approfondir : la liquidité du marché obligataire.

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