Risque de change sur les obligations : définition

Mis à jour en août 2026

Le risque de change est le risque que la devise d'une obligation se déprécie face à l'euro entre l'achat et la vente, effaçant le rendement du titre. Pour un investisseur de la zone euro, il s'ajoute intégralement aux risques obligataires classiques, sans être rémunéré par un coupon plus élevé.

Le mécanisme : deux performances qui se multiplient

Votre résultat en euros combine la performance du titre dans sa devise et la variation du taux de change : (1 + performance locale) × (1 + variation de la devise) − 1. La volatilité annuelle de l'euro-dollar tourne historiquement autour de 8 %, soit bien davantage que celle d'un portefeuille d'emprunts d'État de duration moyenne. Le change domine alors le résultat.

Un exemple chiffré sur un an

Vous convertissez 10 000 € en dollars à un cours de 1,08 USD pour 1 EUR : vous obtenez 10 800 $, placés en Treasuries à 4,40 %. Un an plus tard vous détenez 11 275 $. Mais l'euro s'est apprécié à 1,17 : la reconversion donne 9 637 €. Le placement affiche +4,40 % en dollars et −3,6 % en euros. Un mouvement de change de 8 % a effacé près de deux années de coupon.

La couverture et son coût

La parade s'appelle le hedging : le gérant vend à terme la devise, ce qui fige le taux de conversion. Les ETF couverts en euro, identifiables au suffixe « EUR Hedged », appliquent cette couverture en roulant des contrats à terme, généralement mensuels. Le coût n'est pas une commission mais un différentiel de taux courts entre les deux devises : quand les taux courts américains dépassent ceux de la zone euro d'environ 1,5 à 2 points mi-2026, la couverture ampute d'autant le rendement. Elle n'est jamais parfaite : elle porte sur la valeur estimée en début de période, pas sur la performance réalisée.

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